July - 2017
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Saturday, 01. July 2017
01:00 - Programme MFJ de juillet
L'accès aux manifestations de la Maison franco-japonaise (MFJ) est libre. Prière de vous inscrire depuis la page Agenda du site web : www.mfj.gr.jp. Inscription possible jusqu'aux ...
Friday, 07. July 2017
19:00 - Ascension du Mont Fuji le 7 juil
INSCRIPTIONS LIMITÉES Les neiges ont fondu, c'est bientôt l'été et la saison de l'ascension du Mont Fuji. Tarif AFJ : 9.000 ¥ en prévente. Départ le vendredi 7 juillet à 19h00
Saturday, 08. July 2017
09:00 - Visite de Miyajima
Venez à la rencontre de la nature, de la culture et de l'histoire de Miyajima ! Écotour exceptionnel organisé par la Setonaikai
Sunday, 09. July 2017
14:00 - Atelier Pilates spécial été
Le 9 juillet, de 14h à 16h, session spéciale de l'atelier Pilates au studio Carrefour d'Ebisu
Thursday, 13. July 2017
10:00 - Exposition de Nihon-Ga
Exposition gratuite de Nihon-Ga au Department Tokyu store jusqu'au 19 juillet. Discussion avec l'artiste Chen Yicheng du 13 au 16 juillet
Saturday, 15. July 2017
12:00 - Paris Sai 2017
Célébrons ensemble cette fête dans les jardins de l'Institut !
Tuesday, 18. July 2017
18:45 - Soirée Karaoké le 18 juillet
Venez découvrir avec nous ce classique des soirées japonaises ! Chansons et bonne humeur à volonté à Shibuya !
Friday, 21. July 2017
19:00 - Dîner Saveur le 21 juillet
Venez nous rejoindre pour notre dernier dîner-saveur avant les vacances ! Un petit coin de verdure dans Tokyo.
Saturday, 22. July 2017
13:30 - Mizuhiki & Calligraphie
Apprenez à décorer vos enveloppes pour les cartes de voeux avec le raffinement de la calligraphie japonaise et de l'art du Mizuhiki. Prix spéciaux pour les membres AFJ ! Contactez ...
Tuesday, 25. July 2017
10:00 - Recherche d'un modèle
Pour un shooting photo aux environs du 1er août pour une durée de 5h. Pas besoin d'être professionnel. Contactez Valérie (valerie*at*valeriecordier.com)

l'AFJ, les activités pour les francophones au Japon

30 novembre 2008 = Le Shogun, la cheville de Noémie et moi

Tout ça, c’est à cause de la cheville de Noémie. La donzelle se l’est tordue en faisant son jogging. Aussi sec, le rédac chef m’a appelé pour que je couvre à sa place la sortie AFJ à Kamakura, organisée tous les ans en coopération avec la Société Franco-Japonaise de Kamakura. Pas de rouspétance, Bob, je n’ai que toi sous la main, t’as intérêt à ne pas me décevoir. J’ai quitté mon nid douillet complètement décalqué, à une heure bien trop matinale pour un chroniqueur mondain, et me suis retrouvé, ce dimanche 30 novembre, dans un train bondé en route pour la presqu’île Miura et l’ancienne capitale du grand shogun Yoritomo. J’ai maudi Noémie et sa cheville pendant soixante-dix longues minutes.

Arrivé à la gare de Kamakura, le ciel était d’un bleu torride, et les organisateurs équipés de chouettes petits drapeaux tricolores et d’une énergie à couper au katana. Pas question de reculer : Bob allait devoir donner de sa personne.

  

Direction, le temple de Kuzuharaoka. Nous avons longé une voie de chemin de fer bordée de broussaille, tournicoté dans les ruelles, grimpé vers un cimetière étalé dans la verdure. Les feuillages d’automne donnaient tout ce qu’ils avaient. J’ai commencé à me détendre. Yamazaki-san, représentant local de l'AFJ et notre guide pour la journée, nous a expliqué que l’épouse du shogun Yoritomo dormait là depuis le 12ème siècle. En découvrant sa tombe nichée dans une petite grotte, je n’ai pas pu m’empêcher de l’imaginer: Peau d’opale, chevelure d’encre, bouche de soie. Nous avons crapahuté dans la forêt, croisé la sépulture d’un architecte décapité pour s’être un peu trompé dans ses plans, et sommes tombés nez à nez avec le shogun. Visage juvénile, air décidé, le chef du clan Genji me fixait de ses yeux de pierre, et j’avais presque l’impression qu’en faisant un effort je pourrais l’interviewer. Yoritomo avait tout de même réussi à faire d’un village pépère une cité prospère d’un million d’habitants.

Nous avons repris le sentier. Au détour d’une corniche, le Pacifique. Et une vue stupéfiante sur la jolie ville de Zushi et la péninsule d’Ajama blanchies par le soleil. Après cet éblouissement, la rando a glissé sur du velours. J’étais accompagné par les fantômes bienveillants du shogun et de sa belle; par l’intermédiaire de la voix de Yamazaki-san, ils me racontaient leurs rêves de grandeur et leurs déceptions. La destruction de la ville par l’impétueux Yoshisada, en 1333, et la fin de l’ère Kamakura. La reconstruction. Les guerres civiles, et de nouveaux tourments. Qui aurait pu penser qu’un paysage aussi paisible avait abrité tant de fureur ?

Celle de la nature n’a rien à envier à celle des hommes; je l’ai bien compris en découvrant le grand bouddha de Kamakura. En 1238, sa statue de bois a été emportée par la tempête. En 1252, un tsunami a eu raison du pavillon qui protégeait sa version en bronze. Depuis, Kotokuin Daibustu n’a plus de toit, mais résiste aux éléments avec sérénité. Onze mètres trente de haut, cent vingt tonnes de beauté pure, son visage recueilli et mystérieux donne le frisson.

Ensuite, cap sur le pays du plaisir. C’est ce que signifie Gokurakuji, joli temple bordé de bambous et premier hospice du Japon, bâti par le créateur de la sécurité sociale japonaise. Rien de moins. Il était temps de descendre vers le rivage. Les dieux commençaient à nous trouver très sympathiques. Ils ont fait coulisser les nuages et nous ont offert le mont Fuji dans toute sa splendeur. Les surfeurs attendaient la vague idéale, de mon côté, je n’attendais plus rien. J’avais atteint un état de décontraction totale, tourné vers les lames d’argent du Pacifique et les contours de l’île d’Enoshima, notre prochaine étape. Un tortillard nous a déposés devant un long pont blanc. Nous l’avons longé paisiblement sous le soleil déclinant. Vue impeccable sur la marina, la côte rocheuse et la géométrie parfaite de Fuji-san.

 

À quatre heures trente, nous étions installés dans un restaurant ouvert sur la mer. Le soleil se couchait en nous offrant des langues de tulle grisées s’étirant dans des langueurs orange, puis des traînées mauves. J’avais déjà vu nettement plus moche comme crépuscule. C’était l’heure du goûter. Nous avons opté pour du sashimi frais comme une promesse d’enfant et de la bière à la pression au moelleux col de mousse.

Une fois la nuit tombée, les lanternes traçaient le chemin vers la gare. La côte était illuminée comme un Las Vegas puissance dix. J’ai repris le train pour Shinagawa dans un état de quasi-béatitude. Mon portable a sonné aux abords de Yokohama. C’était mon rédac chef. Réveillé comme jamais.

- Alors Bob, ça avance ton papier ?

- Bouddha est dans tout et réciproquement, patron.

J’ai fait mine de plus avoir de réseau avant d’interrompre la communication, et suis rentré chez moi très décontracté. J’avais un message sur mon répondeur. Noémie était désolée de « m’avoir imposé cette corvée, et un dimanche en plus ». J’ai souri et allumé mon ordinateur. Le shogun et sa belle m’ont soufflé mon texte.

Texte : Bob Riviera                                                                
Photos : Daphne Haour, Frank Sylvain, Stéphane Pujol

Album Photo Kamakura 2008

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