August - 2017
Monday Tuesday Wednesday Thursday Friday Saturday Sunday
  01 02 03 04 05 06
07 08 09 10 11 12
13
14 15 16 17 18
19
20
21 23 24
25
26
27
28 29 30 31  
Sunday, 13. August 2017
18:00 - Chambara Sportif
Le chambara sportif ou "Spochan" souvent utilisé dans le langage parlé, est une escrime martiale, ludique et sportive qui se pratique avec des armes en mousse (épée, épée court, la...
Saturday, 19. August 2017
09:00 - Visite de Miyajima
Venez à la rencontre de la nature, de la culture et de l'histoire de Miyajima ! Écotour exceptionnel organisé par la Setonaikai
Friday, 25. August 2017
19:20 - Tarot de Yokohama
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 2,300 yens Dîner et boissons inclus.
Saturday, 26. August 2017
14:30 - Pique-nique de rentrée
Venez nous retrouver à notre pique-nique de rentrée pour un moment de détente, de rencontres et de convivialité.
18:15 - Shinjuku après le coucher de soleil
Laissez-vous guider dans Shinjuku, un des quartiers majeurs de Tokyo pour sa vie nocturne.

l'AFJ, les activités pour les francophones au Japon

Mon rédacteur en chef n'y est pas allé par quatre chemins. Il m'a appelé en urgence pour m'envoyer escalader le mont Fuji en compagnie des joyeux drilles de l'AFJ et tenir chronique de cette montée mythique. "Bob, tu t'y colles et pas de discussion!" a-t-il braillé dans le combiné du téléphone alors que j'énumérais mille excuses pour échapper à l'impensable: faire marcher un chroniqueur mondain qui ne se déplace qu'en taxi et a l'horizontale. Mon rédacteur en chef croit dur comme fer en la polyvalence.
Le vendredi 18 juillet dernier, l'esprit embrumé par ma dernière sortie en club, je me suis retrouvé sur la Sotobori, devant le British Council, à l'heure du diner, et en compagnie de 46 Français et 2 Japonais bien décidés à poursuivre cette délicieuse coutume en vogue depuis quelques années : gravir le mirifique mont nippon de nuit pour profiter de la vue imbattable à l'aube. Chacun sa joie: personnellement je préfère lever mes coupes de Krug assis.
Les deux guides équipes de mollets en béton et d'un moral idoine ont pris le temps de nous offrir un petit topo. En résumé : on fait demi-tour au lever du soleil et on tourne à gauche au T (une jonction l'AFJ perd des marcheurs chaque année, lesquels se retrouvent à Osaka un mois plus tard). Ca commençait bien.
Je me suis retrouvé dans un autobus, un type de véhicule dans lequel je n'avais pas mis les pieds depuis mes années de collège. Sensation exotique garantie. Comble de joie, une fois dans l'autobus, les nuages se sont dissous pour laisser apparaitre la pleine lune que j'imaginais fendue par un sourire géant et moqueur. J'ai serré les dents en pensant aux loups-garous sur les pentes de la montagne et remonté la capuche de mon blouson en Goretex acheté a prix d'or à Kanda la veille, moins seyant qu'une veste Heidi Slimane, croyez-moi sur parole.

Au bout d'une heure, je me suis laissé gagner par l'ambiance. Et l'impensable s'est produit: j'ai cessé de me demander ce que je faisais dans cette galère. Il faut dire que je m'étais mis derrière une blonde participante qui avait eu la bonne idée d'effectuer la montée dans un pantalon moulant à souhait. Je dois avouer que sa plastique m'a aidé à tenir le coup jusqu'au sommet. Une bombe humaine a mis trois heures à effectuer l'escalade. La blonde, et moi, juste un peu plus.
Le soleil s'est délicatement levé au dessus d'une mer de nuages et ses premiers rayons ont éclairé d'un rouge tiède le dessus des cumulus et d'un orange mordoré les flancs des vallées au fond desquelles quelques lacs dispersaient leurs regards argentés dans les brumes matinales. Evidemment c'est un poil plus beau qu'une aube glauque dans une ruelle d'Aoyama quand je sors pas très clair d'une after bien décadente. Sauf que la pleine lune et le soleil levant n'étaient pas copains ce jour la et s'étaient mis dans des coins de ciel opposés, vu le froid ambiant, c'était un coup à choper un torticolis. J'ai dévoré un bol de ramen comme s'il s'agissait de la dernière invention de Robuchon en profitant de la vue émouvante et nous sommes repartis en sens inverse.
La descente s'est déroulée sans problème. A part nos deux amis japonais dont l'un s'était un peu tordu la cheville. Son stoïcisme m'a impressionné. Je ne crois pas que j'aurais réagi aussi bien. Un plâtre sur le dance floor c'est assez délicat à placer.
Nous avons aussi récupéré certains participants dont la dernière marche à pied remontait à leur passage sous l'uniforme...
Notre arrivée en force au onsen a eu un succès fou. Nous avons réussi à faire fuir l'intégralité des clients. Les organisateurs en ont profite pour nous déclarer que c'était la première fois qu'on avait autant de marcheurs à l'aller qu'au retour ".
 
Nous n'avions même pas oublié les 2 japonais qui s'étaient perdus en achetant des omiyage ni la blonde qui avait lu "Guerre et Paix" puis "A la Recherche du Temps Perdu " dans l'onsen pendant que 45 français et 2 japonais attendaient bien gentiment en constatant que la bière après l'onsen et le Fuji finalement ca se laisse boire.
Dans l'autobus du retour, j'étais fier de moi et m'attendais à être félicité par les filles, mais elles n'en avaient que pour un blondinet bellâtre qu'elles chouchoutaient comme s'il était de retour d'Irak. A la question : " alors, ce soir, encore en boite? ", le blondinet a rétorqué : " moi, je fais tout, les boites et le mont Fuji ".
Je déteste être attaqué sur mon propre terrain, je me suis donc drapé dans ma cape de dignité invisible jusqu'a Tokyo. En retrouvant, le bitume et les vapeurs tokyoïtes, j'ai senti que quelque chose en moi avait changé et me suis demandé si je ne pourrais pas proposer une idée de reportage à mon irascible rédacteur en chef : un trek de quinze jours en Islande, sans savon, sans téléphone mobile, sans Krug, mais pas sans blondes. Lui, au moins, je réussirais à l'étonner.
Texte: Bob RIVIERA