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Thursday, 07. September 2017
14:00 - Atelier Ikebana
Makiko Morange vous invite tous les jeudis après-midi, sur inscription, à découvrir l'arrangement floral japonais également connu sous le nom de "Kado". "L'ikebana est l'illustrat...
Saturday, 09. September 2017
09:00 - Visite de Miyajima
Venez à la rencontre de la nature, de la culture et de l'histoire de Miyajima ! Écotour exceptionnel organisé par la Setonaikai
16:00 - Japan and the outside world le 9 sept.
Dans cette présentation (en anglais), Pierre Sevaistre relit l'Histoire du Japon à travers des sources et des études japonaises, et plus particulièrement les relations complexes de...
Sunday, 10. September 2017
07:30 - TELL Course de charité
Lors de la journée mondiale de prévention contre le suicide, venez nous rejoindre pour une course dans la tour de Tokyo, afin de venir en aide aux personnes atteintes de maladies m...
Tuesday, 12. September 2017
09:00 - Grand Café-Accueil
Comme chaque année, l'AFJ invite les nouveaux arrivants à entrer en contact avec la communauté française et francophone et son tissu associatif.
Wednesday, 13. September 2017
20:00 - Atelier Pilates
Tous les mercredis, cours de Pilates en japonais et en français. Le Pilates est une méthode douce qui vise à renforcer le corps de façon harmonieuse, afin de rectifier les mauvaise...
Friday, 15. September 2017
12:30 - Seminar : Japanese Economy & Society
Temporary labour migration for Japan’s rural economy and The Technical Intern Training Program Speaker Daniel KREMERS (German Institute for Japanese Studies, Tokyo) Moderator Rém...
19:00 - Grenache Day
Venez célébrer la journée internationale du grenache en dégustant de délicieux vins issus de ce cépage dans un cadre chaleureux et détendu ! Soirée de 19h à 22h, à 5mn à pied de ...
19:20 - Tarot de Yokohama
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 2,300 yens Dîner et boissons inclus.
Saturday, 16. September 2017
13:00 - Atelier Piano
Cours de 30 ou 60 minutes à Shibuya ou Kagurazaka, par des professeurs et concertistes formés en France et qui ont des expériences d’enseignement en France et au Japon. Le 16 sera ...
Monday, 18. September 2017
18:00 - Chambara Sportif
Le chambara sportif ou "Spochan" souvent utilisé dans le langage parlé, est une escrime martiale, ludique et sportive qui se pratique avec des armes en mousse (épée, épée court, la...
Wednesday, 20. September 2017
09:50 - Visite des ateliers Hermès
Hermès nous ouvre les portes de ses ateliers ! Profitez-en également pour participer à une visite guidée de Ginza !
Thursday, 21. September 2017
14:00 - Atelier Ikebana
Makiko Morange vous invite tous les jeudis après-midi, sur inscription, à découvrir l'arrangement floral japonais également connu sous le nom de "Kado". "L'ikebana est l'illustrat...
19:00 - Soirée tarot
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 3.500 yens Dîner et boissons inclus
Saturday, 23. September 2017
13:00 - Atelier Piano
Cours de 30 ou 60 minutes à Shibuya ou Kagurazaka, par des professeurs et concertistes formés en France et qui ont des expériences d’enseignement en France et au Japon. Le 16 sera ...
Wednesday, 27. September 2017
20:00 - Atelier Pilates
Tous les mercredis, cours de Pilates en japonais et en français. Le Pilates est une méthode douce qui vise à renforcer le corps de façon harmonieuse, afin de rectifier les mauvaise...
Saturday, 30. September 2017
09:00 - FIA Intercontinental Drifting Cup
Les samedis 30 septembre et dimanche 1er octobre se tiendra à Daiba la première compétition mondiale autorisée par la FIA. L'AFJ propose des tarifs réduits pour ses membres.
16:00 - Pot de la rentrée
Venez partager un moment de convivialité lors de notre pot de la rentrée à la résidence de France. Événement gratuit et réservé à nos membres ainsi qu'aux nouveaux arrivants !

l'AFJ, les activités pour les francophones au Japon

Ecole française de Saint Maur

Compte-rendu de l'ascension du mont Fuji (07~08 juillet 2017)

Quelques participants ont eu la gentillesse de nous livrer leur témoignage après l'effort ! Découvrez leur impression, et laissez-vous tenter à l'occasion ! 

Il y a des expériences qui marquent et marqueront pour toujours. Celle que nous avons vécue ce week-end restera gravée dans nos mémoires et pour longtemps! Une aventure majestueuse et inoubliable…

Nous sommes partis vers 19 heures de Tokyo et sommes arrivés vers 22 heures au Mont Fuji, au niveau du camp de base du 5ème palier. Déjà à ce niveau, la température s’était bien rafraîchie mais ce n’était rien à coté de ce qui nous attendait… Petite photo de groupe des AFJ avant d’entamer la montée. Nos pas guidés grâce à la lueur de la pleine lune, avançaient en cadence plus ou moins rythmées. Les conversations allaient bon train et l’atmosphère nocturne conférait à celles-ci une aura bien particulière. Au début, la montée est assez simple mais très vite, on se retrouve à monter des marches inégales, à arpenter des chemins de rocaille, escalader des rochers et finalement on a plutôt l’impression de faire de l’escalade ! C’est palpitant, fascinant, grisant mais très vite le manque d’oxygène se fait sentir, on commence à avoir froid, on tremble, certains ont la tête qui tourne, ont soif, ont froid, des maux divers apparaissent, pour d’autres c’est le manque de sommeil qui devient une épreuve redoutable.

En ce qui me concerne, vers 2h30 du mat’, je marchais tel un zombie, je dormais en marchant, à bout de forces à tel point que j’ai décidé de faire un arrêt à la 8ème station à 3.400 mètres. Le refuge a été une parenthèse enchantée, avec des Japonais aux petits soins et des étrangers rencontrés toujours prêts à rendre service. À 4 heures du mat’ on nous réveille pour le lever du soleil et là, le temps semble s’être arrêté, on est là tous dehors en train de grelotter de froid, mais un silence sublime prend place peu à peu, on sent bien qu’on est en train d’assister à quelque chose qui dépasse l’entendement, quelque chose qui tend vers le merveilleux, le surnaturel, l’inaccessible… qui devient finalement accessible. Et la oui, c’est bel et bien l’apothéose qui se passe sous nos yeux, un soleil levant au dessus des nuages, un spectacle étrangement calme et saisissant. Un doux mélange de fini et d’infini, de réel et d’irréel, de sagesse et de folie…! Les mots sont difficiles à trouver pour décrire des moments forts comme celui-la. Seb qui a eu le courage de monter jusqu’au sommet à 3.776 m ne me dit pas autre chose. On se rejoindra ensuite pour la descente par un chemin différent de celui de la montée, un chemin jonché de pierres et roches volcaniques, par endroits presque sableux, de la neige par ci par là et des paysages quasi lunaires à couper le souffle! Le tout sous un soleil de plomb et des articulations sollicitées différemment, notamment au niveau des chevilles et des genoux…

Alors le Mont Fuji ? Ce fut vraiment une expérience inoubliable qui nous a permis de nous surpasser. Une épreuve qui, par moment nous rend face à nos faiblesses, mais qui par la magie du lieu nous porte au-delà des limites que l’ont croit atteintes. Patrick aura été pour nous d’un support précieux à la fois guide de montagne et spirituel ! Cette descente aura été d’autant plus appréciable que nous avons été en très bonne compagnie... Alors oui, ce fut un périple épuisant, fatigant, éreintant, éprouvant (après 12 heures de marche en tout je n’appelle plus ça une randonnée…), nos muscles ont bien dégusté, nos cœurs se sont emballés, mais quel bonheur, quel sentiment de fierté de pouvoir se dire aujourd’hui : « oui, j’ai gravi le Mont Fuji ! »

« Celui qui gravit le Mont Fuji une fois est un sage, celui qui le fait deux fois est un fou… » (proverbe japonais)

Ludivine CARNEL

 

Un autre membre nous livre ses impressions de cette expérience hors-norme...

 

 

J'en ai rêvais. Je l'ai tentée. Voici pour vous le récit détaillé de mon ascension – inachevée – du légendaire volcan japonais.

Par où commencer ? Que dire de ce volcan endormi depuis plus de trois cents ans maintenant, de sa place dans la culture japonaise et dans l'imaginaire collectif national comme international ? Quelle personne ne pense pas mont Fuji ou Fujiyama, comme s'évertuent à le dire les Français, lorsqu'on lui évoque le Japon.

Je crois qu'il faut s'y confronter, que ce soit de manière contemplative ou plus engagée. Mais une chose est sure, le contempler trop longtemps et avec trop d'intensité vous amènera forcément à vous lancer à l'assaut de ses pentes abruptes et désertiques.

À mi-chemin entre la Lune et Mars, d'aucun y verront un paysage lunaire lorsqu'ils leur faudra, à la lueur de leur lampe frontale, se hisser par la force des jambes et des bras sur des blocs de magma fossilisés, ces sombres roches volcaniques plus ou moins érodées, quand d'autres, au petit matin ou durant la journée, y verront plutôt une traversée martienne lorsqu'ils dévaleront, non sans mal et sans douleur, les écarlates pentes artificielles, raides et glissantes, littéralement tracées à l'aide de bulldozers dans les flancs du volcan endormi, soupirant, tel un Totoro sur le ventre duquel tant d'êtres humains de tous âges viennent s'amuser, dormir, souffrir, et ce indépendamment de leur sexe, condition sociale, nationalité, opinion politique.

Par contre la gravité à laquelle vous serez soumis, elle, n'est ni lunaire, ni martienne, mais bien terrestre. Et il est mieux je pense pour ce périple de progresser sous la douce réverbération de notre petit satellite, plutôt que sous les rayons brûlants de notre si belle étoile qui ne feront que rendre l'ascension plus douloureuse. Faire cette ascension est pour certains anodin, pour d'autres il s'agit d'un défit. Chacun réagit différemment face à l'effort, au manque d'oxygène, qui prendra la forme de maux de têtes, d'épuisement, de douleurs thoraciques, de vomissements, etc... Prenez soin de vous, avancez à votre rythme, écoutez votre corps, sans quoi le sommet et la descente deviendront une véritable torture.

2017, mi-juin, c'est en flânant sur le net avec Azusa qu'on découvre par le plus grand des hasards, vive le web, que l'AFJ (Association des Français du Japon), organisent comme tous les ans depuis je ne sais combien de temps, un ascension du mont Fuji en juillet, et cette année, devinez quoi, elle avait lieu dans la nuit du 7 au 8 juillet, qui marquait nos 6 mois de mariage et mon vingt sixième anniversaire. Quoi de mieux ! On analyse la page de l'AFJ et on remarque un timing très serré comparé à tout ce que l'on avait pu entendre et lire sur le sujet. Azusa reste très dubitative quant à la qualité de l'organisation et du possible déroulement de l'aventure. Il faut dire qu'elle et moi trekkons souvent seuls, et n'aimons pas vraiment les voyages organisés.

Cependant, je dois l'avouer, ne pas voir de Français me manque parfois beaucoup et le fait que tout soit déjà organisé, et qu'en plus cela ait lieu à cette date précise me séduisait beaucoup. Ne voulant pas vraiment le faire sans Azusa, je lui demande de réfléchir sur sa motivation. Je ne voulais pas d'un petit "ok", "ça va". Je voulais un "j'ai envie", car je crois que si l'on n'a pas franchement très envie de le faire, c'est un peu de l'auto-flagellation, dont je la sais très capable s'il s'agit de me faire plaisir. Nous pesons donc le pour et le contre durant plusieurs jours. Nous trouvons le timing serré et difficilement respectable, mais nous décidons de franchir le pas, pour le défi aussi bien vis-à-vis du mont Fuji, que de l'aspect "tour operator" qui se place aux antipodes de notre philosophie.

Nous nous étions donc décidés. Il restait alors trois semaines pour se préparer au mieux, aussi bien physiquement que psychologiquement. Nous avions planifié sur les trois weekend restants des randonnées qui n'ont pu se faire dû à une chaleur trop importante et des orages. Tant pis... Pour ma part, j'ai fait le plus de vélo possible dans la semaine afin de travailler les cuisses et le cardio. Mais à plus de trente degrés, c'est dur.

Un typhon était en train de dévaster une partie du Japon, nous suivions donc de très près les dernières infos météo.

Jeudi 6 juillet, je finis de préparer les sacs, qu'on allégera un peu le lendemain et qu'on aurait pu au final alléger d'avantage. J'y reviendrai dans un autre article. Vendredi 7, Azusa a pris sa journée, nous essayons de dormir le plus possible afin de ne pas tomber de sommeil durant l'ascension. Malgré tout, un petit stresse se fait sentir et nous ne pouvons dormir davantage. Nous revoyons nos sacs pour ne manquer de rien tout en veillant à les optimiser au maximum.

17h et des patates, nous partons, achat de 10 onigiris, et direction la gare de Shinjuku, à côté de laquelle un bus réservé par l'AFJ nous attendrait. Arrivée sur les lieux à 18h10, soit cinquante minutes avant le départ, nous rencontrons une jeune fille prénommée Mathilde et qui elle aussi ira à Waseda pour sept mois à partir de la rentrée prochaine. Le bus ne semblant pas encore là, nous faisons connaissance tout en faisant le tour de la place en espérant le trouver. De retour à notre point de départ, d'autres Français semblaient attendre, nous les rejoignons. Effectivement il s'agissait également de membres de l'expédition. Le stresse et l'excitation sont à leur comble, 18h50, nous montons dans le bus.

Voilà le programme concocté par l'AFJ au moment de l'inscription :

  • Vendredi 7 juillet vers 19h00 : Départ en bus privé loué par l'AFJ depuis Tokyo Repas (libre).
  • Nous nous arrêterons sur une aire de repos de l'autoroute pour ceux qui n'ont pas déjà mangé.
  • vers 22h00 : Départ à pied vers le sommet depuis le « camp de base » du 5ème palier à 2.300m.
  • Samedi 8 juillet 03:30 (plus ou moins) : Arrivée au sommet (il fait très froid) ~ 3.700m.
  • 04:33 : Lever du soleil
  • 05:00 : Descente
  • 08:00 : Petit-déjeuner (libre) au camp de base
  • 09:00 : Départ en bus pour un onsen et restaurant, ce qui permet de changer de tenue, de se détendre les muscles et de se restaurer pour ceux qui veulent.
  • 12:00 : départ pour Tokyo
  • 15:00 : Arrivée à Shinjuku

Le programme reçu la veille du départ était décalé d'une demi-heure pour l'arrivée au sommet (04h00), la descente (05h00), le déjeuner (08h30) et le départ du bus (09h30), ce qui dans les faits n'est pas négligeable et aurait dû être modifié sur la page d'inscription.

Une fois tout le monde confortablement installé et le bus en route, Patrick, l'organisateur, nous fait un petit briefing, donne des conseils et fait part d'anecdotes. Du côté des participants, tous les gens avaient l'air sympa, plutôt bien, voire très bien équipés, l'ambiance semblait bonne, mais restait très calme. Chacun semblait avoir conscience de ce qui nous attendait et se reposaient sérieusement, ou discutaient à voix basse pour ne pas gêner les autres. J'étais stressé, mais heureux.

Cependant, ce calme et cette concentration a fortement limité, voire complètement entravé, les échanges. A part Azusa et Mathilde, je n'ai pu discuté avec personne d'autre durant le trajet. J'étais un peu déçu, c'était surtout pour ça que je venais. Mais devant l'ampleur de l'ascension ce n'était peut-être pas un mal.

Au bout d'une heure de trajet, soit à 20h, le bus s'arrête dans une grande station service pour une durée de quarante minutes, ce qui laisse amplement le temps d'aller aux toilettes, de se restaurer et d'acheter le matériel manquant le cas échéant. La station dispose d'un petit coin outdoor, où sont vendus doudounes, vestes imper-respirantes, casquettes, gants, bonnets, lampes, etc. De quoi palier à un oubli ou si vous voyez que la météo risque de vous jouer des tours et que vous n'aviez pas prévu en conséquence.

Le bus reprends la route vers moins le quart, après une bonne demi-heure nous arrivons au niveau du Fujikyû, parc d'attraction très connu au Japon pour les cœurs et estomacs bien accrochés. A partir de là, nous prenons la route menant au "camp de base" c'est-à-dire l'étape 5 (富士山五合目) de l'un des quatre parcours balisés permettant d'atteindre dans une relative sécurité le sommet du mont Fuji. Le bus gravit petit à petit les mètres, les oreilles se bouchent et se débouchent sans cesse, un panneau indique 2240m, ça y est on y est presque. Le calme et le silence règnent, encore quelques minutes et ce sera le grand départ.

22h15, arrivée au Mt. Fuji 5th Station General Management Center (富士スバルライン五合) nous descendons du bus, photo de groupe rapide. Après cette photo de groupe sympathique, Mathilde, Azusa et moi, allons aux toilettes et à notre retour à peine 5 minutes plus tard plus personne n'était là. Un peu vexés nous prenons la route.

Depuis 2013 l'accès au Fuji, classé au patrimoine mondial, se fait contre une somme d'argent symbolique de mille yens en l'échange de laquelle on reçoit un porte clé marqué. En somme un beau souvenir :)

22h30, 2300m, nous entamons l'ascension via le Yoshida trail. Nous marchons d'un bon pas et dépassons la plupart des Japonais, nous remarquons assez rapidement qu'une majorité des ascensionnistes de nuit sont des Occidentaux, Anglais, Scandinaves, Allemands, et beaucoup de Français. En ce qui nous concerne, personne ne semble avoir mal à la tête, je suis content. On sent que l'air est plus rare, mais vraiment rien de gênant, juste un peu essoufflé sur certains passages. Le sentier bien délimité est plutôt plat et en pente douce, les gens se suivent, impossible de se perdre. Mathilde marche en tête, moi en second et Azusa juste derrière.

23h00, 2390m, nous atteignons le centre de sécurité et de consignes de mont Fuji (富士山安全指導センター) qui représente l'étape 6 (富士山六合目).

23h50~, 2700m, arrivée à Hanagoya (花小屋), petite pause grignotage, hydratation, pause pipi, Première bonne surprise, les toilettes sont toutes très propres et fonctionnent à l'eau ! Azusa et Mathilde me souhaitent avec beaucoup de joie mon anniversaire à minuit, nous prenons le temps de faire quelques photos et repartons.

Après cela Azusa semble souffrir et avance difficilement, je l'attends. Mathilde en tête s'arrête tout le temps pour nous attendre. La pauvre, là c'est clair, nous la ralentissons, même si je pense qu'il s'agissait là d'un rythme permettant de ne pas trop souffrir plus haut. Voyant l'heure passait et que nous progressions très lentement. Nous prenons la décision de nous séparer vers 01h00 afin qu'elle reste dans les temps pour admirer le lever du soleil depuis le sommet. Car il était maintenant clair qu'au vu du temps restant et de la vitesse de progression d'Azusa que nous ne serions jamais au sommet pour le lever du soleil, et que même si Azusa avait eu les capacités physique de monter jusqu'en haut, nous n'aurions jamais pu respecter l'emploi du temps établi par l'AFJ.

01h10~, à mi chemin entre l'étape 7 et l'étape 8, après concertation avec Mathilde nous nous séparons pour qu'elle puisse poursuivre à son rythme. Je pense qu'elle stressait de ne pas arriver à temps et je sais qu'Azusa se mettait la pression aussi pour ne pas la faire attendre et en souffrait. Je prends soin de ne pas oublier de lui donner un jeu de piles de rechange afin qu'elle ne tombe pas en panne avec la frontale que je lui ai prêtée. Je n'aurais vraiment pas voulu qu'il lui arrive quelque chose par ma faute. Rassuré, nous nous faisons coucou, elle part et nous nous reverrons que neuf heures vingt plus tard...

Azusa se repose un peu, et nous repartons. Je prends un maximum de choses lourdes de son sac pour les mettre dans le mien afin de l'alléger au maximum. A partir de là il faut parfois escalader des blocs de roches volcaniques le long de cordes ou de chaînes, mises en place pour délimiter un chemin, à l'aide desquels les plus faibles peuvent se hisser au prix d'efforts longs et soutenus. Une famille scandinave marche à nos côté depuis un moment, dans un jeu incessant de dépassements et redépassements. Les mêmes gens nous dépassent une dizaine de fois et nous les redépassons autant de fois.

Certains avancent avec de grosses lampes de poches premier prix, en vans, jeans, sweat à capuche et t-shirt en coton, parfois à l'aide d'un bâton de marche traditionnel acheté au départ où dans l'un des nombreux refuges jalonnant la route, dans l'espoir d'y faire apposer le plus de tampons possibles. D'autres encore sont habillés comme des pêcheurs, bottes en caoutchouc et ciré. Il y a les suréquipés, les bien équipés, les gens qui font avec leurs moyens, ce qui veulent faire bien mais qui ne savent pas trop, et ce qui viennent complètement à l'arrache, mais au final, on est tous dans la même galère, personne ne se juge, tout le monde reste très humble et s'encourage.

Nous continuons donc nos pérégrinations, sur cette autre planète qu'est le Fuji, de zig-zag en zig-zag, nous progressons difficilement. Je me sens très bien, j'ai envie d'avancer, mais Azusa souffre, elle fait cinq pas puis s'arrête trente seconde et ainsi de suite, je ne dis rien, je l'attends, nous le faisons ensemble. Mais la voir souffrir m'attriste, je regrette de l'avoir emmener. Je la fais boire et manger correctement, et lui demande souvent si elle veut redescendre. Elle me dit que lorsqu'elle reste immobile ça va, mais qu'elle a plus de souffle dès qu'elle avance, qu'elle ressent comme un poids sur la poitrine.

Je marche à son rythme, l'éclaire autant possible, et progressons tranquillement. Les Scandinaves et le couple lampe torche anglophone ne semblent pas dans un meilleur état qu'Azusa et font des pauses toutes les 5 minutes, assis en ronde, en plein milieu du chemin. Apparaissant aussi par-ci par-là, sous les faisceaux de nos LED, de vieux Japonais allongés complètement endormis au bord du chemin.

Vers 02h00, environ 2900m, j'envoie un message à l'organisateur pour lui dire qu'Azusa a dû mal à respirer et que nous n'irons pas jusqu'en haut. Pas de réponse. Nous continuons. Azusa ne veut pas redescendre par le chemin de la montée et veut que l'on trouve une des bifurcations visibles sur la carte que j'avais achetée en 2015.

02h30, 3100m, arrivée à l'étape 8 Hachigôme Taishi-kan (八合目太子館). Pause de presque trente minutes. La barre des 3000m franchie, exige un temps de repos pour laisser à l'organisme le temps de s'adapter un peu, pause repas, onigiris pour Azusa, pâtes aux champi lyophilisées pour moi, petit thé vert pour se réchauffer, fruits secs et noix de cajou. Nous nous reposons et faisons quelques photos souvenirs, et considérons ce refuge comme un bon endroit pour dormir pour une ascension sur deux jours, étant donné que aucun de nous deux n'avaient mal à la tête, le fameux mal aigu des montagnes semblait ne pas vouloir m'atteindre, et j'en étais très heureux. Les toilettes toujours aussi propres, on ne rechignent pas à y laisser les 200 yens demandés face à une telle qualité de service.

Presque 03h00, nous repartons. Azusa n'a plus de force et souffre. Je suis triste. Je ne sais pas quoi faire. Moi je vais pourtant très bien. C'est difficile d'être là et de ne rien pouvoir faire. Arrivée à Horai-kan (蓬莱館), je lui demande une nouvelle fois si elle veut redescendre, car ma carte indiquait un passage menant au chemin de retour. Mais Azusa toujours dubitative, ne croyait pas trop ma carte, car les deux autres cartes, celles de l'AFJ et de centre de sécurité, en notre possession n'indiquaient pas ce chemin permettant de rejoindre cette route. Courageuse, elle décide de continuer. Nous montons refuge, par refuge.

Dorénavant, il nous sera presque possible à chaque refuge de prendre un chemin pour redescendre. Je la suis et la pousse un peu. Nous arrivons à Hakuun-so (白雲荘), petite pause pipi pour moi. Puis nous décidons de poursuivre un peu plus. On commence à distinguer un arc en ciel au milieu de la nuit, le jour arrive bientôt.

04h00, 3250m, Ganso-muro (元相室), nous n'irons pas plus haut. Il fait déjà jour. L'aube est là. Le ciel est multicolore puis d'un bleu azur, aucun nuage ne vient perturber ce spectacle. Comme depuis la veille, les conditions sont idéales. Quelle chance nous avons. Nous prenons conscience de tout le chemin que l'on a parcouru, et qu'au final, nous ne sommes pas si loin que ça du sommet et que nous avons toute l'altitude pour contempler le spectacle qui se profile. Je suis un peu fatigué, mais je me sens bien. Azusa va bien aussi. Lorsqu'on ne monte pas elle se sent presque normale. Je regarde l'iPhone d'Azusa, pas de réponse de l'organisateur, mais je remarque la présence de la 4G. J'hallucine ou quoi, ce qu'on lit sur internet est donc vrai ! Il y a la 4G sur le Fuji. J'en profite pour faire une petite visio avec mes parents, puis avec ma sœur, juste avant de vous faire ces petites vidéos pour partager avec vous ce qui va se passer maintenant. ;)

04h37, lever du soleil à 3250m avec un ciel complètement dégagé. Quel pied ! Moment, unique, magique. Quel cadeau d'anniversaire !

Lampes frontales rangées, les lunettes de soleil sont maintenant de rigueur. On a facilement gagné cinq degrés en ressenti, petites carbonara lyophilisées et petit thé vert pour moi, et onigiris, thé vert, et soupe au porc pour Azusa. On se régale devant ce spectacle.

Vessies vidées, ventres ravitaillés, sacs parés, guêtres ajustés et bâtons réglés, 05h15, début de la descente... aux enfers.

Ca y est nous sommes sur Mars, tout est rouge. Les seuls êtres vivant sont les guêpes qui volent par centaines et viennent vous chatouiller comme pour vous motive à descendre plus vite. Décidément cette planète Fuji n'est vraiment pas hospitalière. L'espèce végétale dominante, elle, ressemble à une salade d'un vert acidulé, on a vraiment l'impression de progresser sur une Mars terraformée. Tant que les habitants ne sont pas des cafards géants, ça me va.

Les gens glissent, les quadriceps et autres muscles moteurs donnent tout ce qu'ils ont. Mon genou droit me fait souffrir à chaque pas malgré ma genouillère. Tant pis, je descends en zigzaguant. Le soleil devient mordant, et la poussière généré par nos pas m'assèchent les muqueuses. Certains courent, dévalent, d'autres glissent, d'autres tombent d'épuisement, mais tous ne rêvent que d'une chose, arriver en bas.

Il n'y a rien à voir, c'est moche. L'air est chargé en particules et nous apercevons à peine les lacs qui se lovent au pied du volcan. Cependant, plus l'on descend, plus notre souffle revient, nous permettant de garder un rythme constant.

Azusa se retrouve soudain victime d'une envie ultra pressante, prête à faire pipi là, maintenant ! Mon dieu comment faire, les prochaines toilettes sont à une heure de marche. L'heure est grave j'analyse et me souviens de la position de chemins de traverse tracés par les bulldozers. J'en aperçois un. On s'y hâte. Je la regarde se déhancher comme un canard, comme un marcheur de vitesse aux JO, la souffrance gravée au fer rouge sur son visage, prête à tomber dès la ligne d'arrivée franchie.

Ouf, nous y sommes à temps. Nous pouvons repartir, il est 06h00, il nous reste encore deux heures de marche.

Nous ne nous arrêterons plus qu'une fois dix minutes aux toilettes publiques du mont Fuji, oui, oui, toilettes publiques ^^ (富士山公衆トイレ) vers 2700m. Encore une bonne heure de marche et ce sera terminé.

Le paysage ne change guère, seule la végétation plus fournie nous indique que nous descendons. Nous voilà de retour au centre de sécurité et de consignes de mont Fuji (富士山安全指導センター) soit l'étape 6 (富士山六合目). Il fait chaud, j'ai hâte d'arriver.

Vers 07h30, nous rattrapons les premiers du groupe, super sympas, j'étais content de pouvoir échanger un peu, et finissons les quarantaines dernières minutes de marche tous les quatre.

8h20, nous arrivons dans le bus exténués. Le chauffeur nous attendait endormi, dans une chaleur étouffante. Les derniers quant à eux les pauvres ne sont redescendus que vers 10h30. Le temps qu'on parte et qu'on arrive aux bains, tout le programme était chamboulé et s'est terminé à l'arrache. Nous avons malgré tout pu profiter des bains une petite heure, et sommes arrivées à Shinjuku une demi-heure plus tôt dû à l'état de fatigue général du groupe. Un peu déçu de ne pas avoir pu davantage échanger avec les gens, épuisés, tout le monde se disperse et rentre dormir. Cela a-t-il vraiment eu lieu ? J'ai l'impression de l'avoir rêvé. Seules les photos sauront nous le prouver. Oui, nous l'avons fait. C'est sûr la prochaine fois nous irons tout en haut.

Faire l'ascension du mont Fuji est une expérience unique, que je souhaite à tout le monde. Certes, nous avons pas pu aller jusqu'au sommet, mais je ne regrette rien. C'était super. Et le plus important c'est d'avoir pris du plaisir.

Kevin CAJOT

Kevin & Azusa