April - 2018
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Sunday, 01. April 2018
01:00 - Programme MFJ d'avril
L'accès aux manifestations de la Maison franco-japonaise (MFJ) est libre. Prière de vous inscrire depuis la page Agenda du site web : www.mfj.gr.jp.
Thursday, 05. April 2018
14:00 - Atelier Ikebana
Makiko Morange vous invite tous les jeudis après-midi, sur inscription, à découvrir l'arrangement floral japonais également connu sous le nom de "Kado". "L'ikebana est l'illustrat...
Friday, 06. April 2018
12:00 - Ateliers théâtre Vanina
L'AFJ vous propose un atelier théâtre pour adultes. Amateurs de théâtre, rejoignez Vanina pour passer un moment convivial autour de votre passion commune le théâtre! Elle propose...
Saturday, 07. April 2018
09:30 - "Kamakura inconnue" le 7 avr.
Promenade de printemps, éco-touristique "Au fond de Kamakura inconnue" sous les cerisiers en fleurs. Découvrez les temples, les parcs et les collines de la ville de Kamakura. Dona...
09:30 - Atelier Photographie
S – SAKURA A5 – Le regard 3 – Composer en profondeur • Composer une photo qui comprend plusieurs plan de profondeur. • La mise au point / profondeur de champ. • Lieu Shinjuk...
Sunday, 08. April 2018
10:00 - Echange artistique à Galerie-Be Kyoto
Diane Comte Frost est une artiste franco-britannique basée à Londres. Peintre-graveur spécialisée dans l’estampe, elle utilise des techniques hybrides (eau-forte, Héliogravure, m...
10:30 - Hanami familial inter-associatif le 8 avr.
Venez nous rejoindre en famille pour ce Hanami inter-associatif de la solidarité organisé par l'AFJ et l'OLES-Japon, avec le soutien de l'UFE, de ADFE-FDM et de l'AFFJJ.
Monday, 09. April 2018
10:00 - P'tit Déj Accueil
Japon Accueil reprend du service ! Que vous soyez fraîchement arrivé(e) ou bien installé(e) au Japon, l’équipe de Japon Accueil a le plaisir de vous rencontrer en principe tous les...
Tuesday, 10. April 2018
09:30 - Atelier création de bijoux
Découvrez un pan de l'artisanat traditionnel japonais en fabriquant votre propre bijou en Washi. Durant cet atelier avec le sujet :Kabuto, il vous sera proposé de fabriquer des bij...
18:00 - Concert-conférence Music for the Brain
Cet événement est coorganisé par deux équipes de recherche de l'Université de Kyoto et de l'Université de Bordeaux. L'initiative Music for the Brain, alliant art et science, a pou...
19:00 - Soirée Karaoké le 10 avr.
Venez découvrir avec nous ce classique des soirées japonaises ! Chansons et bonne humeur à volonté à Shibuya !
Wednesday, 11. April 2018
20:00 - Atelier Pilates
Tous les mercredis, cours de Pilates en japonais et en français. Le Pilates est une méthode douce qui vise à renforcer le corps de façon harmonieuse, afin de rectifier les mauvaise...
Friday, 13. April 2018
19:20 - Tarot de Yokohama
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 2,300 yens Dîner et boissons inclus.
Saturday, 14. April 2018
09:00 - Cours de secourisme le 14 avr.
Cours dispensé en anglais par un francophone. Brevet "Malteser" valable 3 ans. Apprenez les gestes qui sauvent et permettent le sauvetage et les premiers secours en cas d’urgence v...
Sunday, 15. April 2018
14:00 - Choses à savoir avant de se marier
« Cinq choses à savoir avant de se marier avec un(e) Japonais(e) » Français du Monde – Tokyo a le plaisir de vous convier à une série de conférences sur le droit de la famille et d...
Monday, 16. April 2018
08:00 - Sortie "Festival des sumos" le 16 avr.
Chaque début du mois d'avril, en pleine période de floraison des cerisiers, des lutteurs sumo prennent part à la fête Honozumo dans le sanctuaire shinto Yasukuni à Tokyo. Il s'agit...
Thursday, 19. April 2018
14:00 - Atelier Ikebana
Makiko Morange vous invite tous les jeudis après-midi, sur inscription, à découvrir l'arrangement floral japonais également connu sous le nom de "Kado". "L'ikebana est l'illustrat...
Friday, 20. April 2018
12:00 - Ateliers théâtre Vanina
L'AFJ vous propose un atelier théâtre pour adultes. Amateurs de théâtre, rejoignez Vanina pour passer un moment convivial autour de votre passion commune le théâtre! Elle propose...
Saturday, 21. April 2018
08:30 - Randonnée à Okutama le 21 avr.
Rejoignez-nous pour une randonnée de printemps moyenne aux alentours de Okutama, Tokyo, pour éventuellement admirer les cerisiers en fleurs.
09:30 - Atelier Photographie
A3 - Le regard 1 • les lignes de composition – Espace structuré / Architecture • angle de vue, position, cadrage, objectif : Penser la photo en terme de lignes/surfaces/matière...
17:30 - Ré-conforts partagés et refuges contemporains
Rencontre : Johan Brunel & Manuel Tardits. Résident à la Villa Kujoyama de Kyoto et engagé dans la recherche du réconfort dans le design, le designer franco-finlandais Johan Brunel...
19:00 - Chambara Sportif
Le chambara sportif ou "Spochan" souvent utilisé dans le langage parlé, est une escrime martiale, ludique et sportive qui se pratique avec des armes en mousse (épée, épée court, la...
Wednesday, 25. April 2018
20:00 - Atelier Pilates
Tous les mercredis, cours de Pilates en japonais et en français. Le Pilates est une méthode douce qui vise à renforcer le corps de façon harmonieuse, afin de rectifier les mauvaise...
Thursday, 26. April 2018
19:00 - Soirée tarot
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 3.500 yens Dîner et boissons inclus
Saturday, 28. April 2018
10:00 - Festival du théâtre mondial de Shizuoka 2018
A l'occasion du WORLD THEATER FESTIVAL 2018 de Shizuoka, L'AFJ vous propose des tarifs préférentiels pour assister à des pièces théâtrales venant des quatre coins du monde.

l'AFJ, les activités pour les francophones au Japon

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Rafting Blues - Mai 2006

 

Une journée de rafting, ça n’a l’air de rien a priori. Un moment de détente avec une bande de copains de l’AFJ. Une petite virée à deux heures de Tokyo, un gentil convoi qui arrive à bon port, grâce à cet outil épatant qu’est le GPS. Mais on peut l’imaginer aussi comme le film d’un réalisateur méticuleux, le genre de type qui veut tourner chacune de ses scènes dans une tonalité particulière.

 

 

L’histoire commence dans le gris, dans le bleu. Les couleurs d’un dimanche matin de ce 20 Mai tokyoïte, celles des buildings de béton et de verre, et des voitures qui filent sur l’expressway. Les conducteurs et leurs pilotes sont un peu nerveux. Ils veulent être sûrs que le convoi va rester en un seul morceau, du moins jusqu’à l’arrivée sur l’autoroute qui nous emmène vers l’ouest. On se téléphone de voiture à voiture. On se dit des trucs du genre : « Allô ! Jean-Louis, tu suis ? ». Évidemment que Jean-Louis suit. Les autres aussi d’ailleurs. On reste longtemps dans le gris parce qu’il faut bien que le ruban de l’asphalte se déroule. Dans la voiture de tête, une voix féminine un rien robotique et enfantine donne ses instructions en japonais. Le GPS ne se trompe jamais, encore faut-il comprendre ce qu’il raconte.

La scène vire au vert. Tokyo a beau être une mégapole, elle se dissout vite dans la puissance des champs et des arbres. Et puis, c’est le printemps, et il a la bonne idée de s’étirer dans ce pays longiligne. Les caniveaux de Tokyo ont avalé leurs derniers pétales depuis belle lurette, mais ici, le vert se ponctue de blanc. Le blanc rosé et mélancolique des sakura. Ça rend bien dans un film intitulé Rafting Blues.

La scène vire au vert franc. Nous sommes en pleine campagne. Encore quelques hésitations, quelques tournants et on arrive chez les Max. Le ciel est d’un bleu intense. Il s’agit de revêtir en vitesse des tenues de cinéma justement. Une combi sombre et moulante, et des accessoires un rien fatigués mais qui pètent toujours le feu, du moins sur le plan chromatique. Casques, gilets de sauvetage et pagaies éclatent dans les tons fluos. Un des Max nous fait son topo, nos gentils organisateurs traduisent. Il faut se dépêcher car on n’est pas en avance. Les femmes enceintes et les grands cardiaques sont interdits de bateau. Il faut suivre les instructions des deux moniteurs qui prendront place sur chaque canot, etc. Le topo avalé, nous montons dans un bus à la carrosserie délavée ; il a un petit côté Woodstock. 

La scène n’abandonne pas le vert, mais se colore d’ocre et de brun. Les rives de la rivière Tone ont une belle couleur terreuse, elles sont débordantes de végétation drue. La rivière est bien sûr en pétard. Ses vagues jaunes roulent et roulent et charrient des branchages, et d’autres mystères que personne n’a le temps de détailler. Notre mono donne de la voix pour couvrir le grognement du courant. Et pour nous apprendre les gestes de base.

Avec six participants et deux monos par canot, il s’agit de réagir vite, et comme un seul homme. Tous assis sur le bord, tous regroupés calfeutrés au centre, pagaie en avant, pagaie en arrière. Pas compliqué. Faut voir. Certains affichent l’aisance des vieux routiers du rafting. Les novices frémissent un peu, mais restent stoïques. On embarque. On s’asperge, histoire de diluer les craintes. Ça marche, tout le monde rigole. La scène baigne dans le beige. Normal, nous avons les yeux rivés sur les eaux furibardes et bouillonnantes. 

Le moniteur nous braille ses instructions d’une belle voix rauque. Il est roux, ça lui va bien et ça se marie avec le ton des vagues. La monitrice ne dit rien. Elle pagaie. Nous aussi.

On s’amuse comme des collégiens because le rafting c’est very funny, il faut bien le dire. Nous rigolons, nous nous mélangeons les pagaies, les couleurs du metteur en scène s’emmêlent gentiment, comme le reste. On n’a plus peur de rien, on ne comprend pas toujours les instructions parce que ça va trop vite, mais assez souvent on se retrouve assis, ou regroupés calfeutrés, ou pagayant dans le bon sens.

Le moniteur nous trouve tout de même un tantinet indisciplinés. Il donne de la voix, il aboie un peu. Peu importe, paix sur la terre et les flots et les rafteurs de bonne volonté. Nous sommes contents, nous redevenons gamins sauf ceux qui le sont déjà.

Une vague plus folle que les autres arrive droit devant. Nous serrons tous ce que nous avons à disposition. Les dents notamment. Et l’équipage ne fait qu’un, et se calfeutre, pour franchir la passe en souplesse. La secousse est musclée, nous rions à gorge déployée, une autre vague foldingue se profile. Un mouvement furtif à l’arrière nous attire l’oeil. Nos deux moniteurs disparaissent, jambes en l’air, rétines stupéfaites, bouches ouvertes, dans une magnifique gerbe d’écume. Et le courant les emporte, mais pas exactement dans notre direction.

Nous restons calmes, nous nous concertons. Le metteur en scène est content. Il tient une scène d’une intensité dramatique rare, et décide de rester dans le beige. De toute façon, il n’a pas le choix. La rivière charrie son limon couleur caramel et voudrait bien nous charrier aussi, et nous entourlouper dans ses langues farceuses. On tient bon.

Pendant ce temps, nos moniteurs tentent de remonter à bord d’un canot. N’importe lequel. Les moniteurs des autres bateaux manoeuvrent finement et nous rendent notre duo de spécialistes. La scène vire au blanc et au roux. Au blanc surtout. Celui du visage de notre moniteur. Il a perdu la face. Nous tentons de le réconforter. Il nous enguirlande. Il refuse nos bras tendus. Nous restons zen.

 

 

 

Retour au bus Woodstock, la scène repasse au vert. Le moniteur pleure dans son coin. À croupetons sur le bord du chemin comme dans un bon vieux Zatoichi, lorsque la paix redescend sur les braves après le carnage, et que les sabres sont nettoyés et rangés dans leurs fourreaux. Nous nous interrogeons sur les différences culturelles. C’est la vie, mais c’est aussi du cinéma, ne l’oublions pas.

La scène vire à ce que vous voulez. Tout le monde est rhabillé. C’est le moment du repas. Des grillades nipponnes odorantes, un petit vin français tout ce qu’il y a de bien. Un court discours d’adieu du président de l’AFJ, Michel Haour. Des échanges joyeux. 

La scène passe au gris. Mais un gris de toute beauté. Avec une pointe de mauve. Il faut bien ça pour le final. L’orage couve au-dessus des champs et durcit les couleurs des sillons et des bosquets. Nous rentrons.

Nous glissons un CD de shamisen électrique dans le lecteur de la voiture. Quelqu’un fait remarquer que le Japon, c’est comme le shamisen électrique. À la fois traditionnel et futuriste. Et c’est pour ça que nous aimons tant ce pays.

La pluie éclate et chacun sait qu’il n’y a qu’au Japon qu’il pleut aussi beau. C’est le moment du générique. Les noms des acteurs défilent, et ceux des cascadeurs.

Je n’arrive pas à discerner le patronyme de l’artiste aux cheveux roux. Mais lui, je ne suis pas prête de l’oublier. Il est Japonais. Il est compliqué. Comme nous. Parce que nos différences ne nous rendent pas aussi différents qu’on veut bien le dire.

Texte : Dominique SYLVAIN  Photos : Daphné HAOUR