April - 2017
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Saturday, 01. April 2017
01:00 - Programme MFJ d'avril
L'accès aux manifestations de la Maison franco-japonaise (MFJ) est libre. Prière de vous inscrire depuis la page Agenda du site web : www.mfj.gr.jp. enrichi d'une nouvelle conféren...
Sunday, 02. April 2017
10:30 - Hanami familial inter-associatif de la solidarité le 2 avr.
Venez nous rejoindre pour ce Hanami inter-associatif de la solidarité organisé par l'AFJ et l'OLES-Japon, avec le soutien de l'UFE, de ADFE-FDM et de l'AFFJJ.
18:00 - Chambara Sportif
Le chambara sportif ou "Spochan" souvent utilisé dans le langage parlé, est une escrime martiale, ludique et sportive qui se pratique avec des armes en mousse (épée, épée court, la...
Monday, 03. April 2017
09:10 - Atelier Stretching
Prenez conscience de votre corps et respiration pour améliorer votre condition physique, gagner en énergie et apaiser votre stress. Roppongi Stretching est un cours animé par Frédé...
Saturday, 08. April 2017
09:30 - "Kamakura inconnue" le 8 avr.
Promenade de printemps, éco-touristique "Au fond de Kamakura inconnue". Découvrez les temples, les parcs et les collines de la ville de Kamakura. Donation : 500 yens
11:00 - Hanami dans le Kansai
L'AFJ Kansai vous invite à participer au Hanami du samedi 8 avril à partir de 11 heures.
19:30 - Anniversaire du All France Rugby Club
Le All France Rugby Club va fêter ses 30 ans cette année. À cette occasion, nous organisons un week-end de festivités
Monday, 10. April 2017
10:00 - P'tit Déj Accueil
Japon Accueil reprend du service ! Que vous soyez fraîchement arrivé(e) ou bien installé(e) au Japon, l’équipe de Japon Accueil a le plaisir de vous rencontrer tous les 2èmes lundi...
Wednesday, 12. April 2017
16:00 - Le Petit Atelier
Faites de vos enfants des artistes! L'Institut français vous propose "Le petit atelier" tous les mercredis après-midi à Iidabashi. Découvrir des artistes, créer des œuvres origina...
19:00 - Soirées Sympa Hebdo les mercredi !
A Minami-Aoyama et pour permettre à la communauté francophone de se réunir autour d'un verre, de faire des nouvelles connaissances, d'élargir son réseau tant professionnel qu'amica...
Friday, 14. April 2017
19:00 - Concert de clavecin le 14 avr.
Concert avec deux clavecins et la danse baroque de la période de Louis XIV au château de Versailles.
Saturday, 15. April 2017
09:00 - Randonnée cerisiers fleuris le 15 avr.
Rejoignez-nous pour une randonnée moyenne aux alentours de Tokyo, pour admirer les cerisiers en fleurs.
09:30 - Découverte d'Asakusa (Complet)
Cycle de visites guidées des différents quartiers de Tokyo. Asakusa est un des quartiers les plus populaires de Tokyo. Surtout connu pour son ensemble de temples bouddhistes Sensô...
Monday, 17. April 2017
08:00 - Sortie Sumo et Sakura (Complet)
Sortie guidée par Paul de Lacvivier pour découvrir la fête Honozumo à Yasukuni. Une occasion rare de voir des combattants sumo de près, accomplissant danses, offrandes et combats.
09:10 - Atelier Stretching
Prenez conscience de votre corps et respiration pour améliorer votre condition physique, gagner en énergie et apaiser votre stress. Roppongi Stretching est un cours animé par Frédé...
Tuesday, 18. April 2017
19:00 - Soirée Karaoké le 18 avril.
Venez découvrir avec nous ce classique des soirées japonaises ! Chansons et bonne humeur à volonté à Shibuya !
Thursday, 20. April 2017
19:00 - Soirée tarot
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 3.500 yens Dîner et boissons inclus
Friday, 21. April 2017
19:20 - Tarot de Yokohama
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 2,300 yens Dîner et boissons inclus.
Saturday, 22. April 2017
16:00 - Historical Guide to Yokohama le 22 avr.
Laissez-vous conter l'histoire de Yokohama et découvrir ses vestiges. Entrée gratuite pour les membres de l'AFJ en pré-inscription. Présentation en anglais.
Tuesday, 25. April 2017
18:30 - Enquête de consommation
Nous avons besoin de votre avis sur l'influence de la couleur du packaging alimentaire sur le comportement d'achat du consommateur. Merci à vous de prendre quelques minutes pour ré...

l'AFJ, les activités pour les francophones au Japon

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Rafting Blues - Mai 2006

 

Une journée de rafting, ça n’a l’air de rien a priori. Un moment de détente avec une bande de copains de l’AFJ. Une petite virée à deux heures de Tokyo, un gentil convoi qui arrive à bon port, grâce à cet outil épatant qu’est le GPS. Mais on peut l’imaginer aussi comme le film d’un réalisateur méticuleux, le genre de type qui veut tourner chacune de ses scènes dans une tonalité particulière.

 

 

L’histoire commence dans le gris, dans le bleu. Les couleurs d’un dimanche matin de ce 20 Mai tokyoïte, celles des buildings de béton et de verre, et des voitures qui filent sur l’expressway. Les conducteurs et leurs pilotes sont un peu nerveux. Ils veulent être sûrs que le convoi va rester en un seul morceau, du moins jusqu’à l’arrivée sur l’autoroute qui nous emmène vers l’ouest. On se téléphone de voiture à voiture. On se dit des trucs du genre : « Allô ! Jean-Louis, tu suis ? ». Évidemment que Jean-Louis suit. Les autres aussi d’ailleurs. On reste longtemps dans le gris parce qu’il faut bien que le ruban de l’asphalte se déroule. Dans la voiture de tête, une voix féminine un rien robotique et enfantine donne ses instructions en japonais. Le GPS ne se trompe jamais, encore faut-il comprendre ce qu’il raconte.

La scène vire au vert. Tokyo a beau être une mégapole, elle se dissout vite dans la puissance des champs et des arbres. Et puis, c’est le printemps, et il a la bonne idée de s’étirer dans ce pays longiligne. Les caniveaux de Tokyo ont avalé leurs derniers pétales depuis belle lurette, mais ici, le vert se ponctue de blanc. Le blanc rosé et mélancolique des sakura. Ça rend bien dans un film intitulé Rafting Blues.

La scène vire au vert franc. Nous sommes en pleine campagne. Encore quelques hésitations, quelques tournants et on arrive chez les Max. Le ciel est d’un bleu intense. Il s’agit de revêtir en vitesse des tenues de cinéma justement. Une combi sombre et moulante, et des accessoires un rien fatigués mais qui pètent toujours le feu, du moins sur le plan chromatique. Casques, gilets de sauvetage et pagaies éclatent dans les tons fluos. Un des Max nous fait son topo, nos gentils organisateurs traduisent. Il faut se dépêcher car on n’est pas en avance. Les femmes enceintes et les grands cardiaques sont interdits de bateau. Il faut suivre les instructions des deux moniteurs qui prendront place sur chaque canot, etc. Le topo avalé, nous montons dans un bus à la carrosserie délavée ; il a un petit côté Woodstock. 

La scène n’abandonne pas le vert, mais se colore d’ocre et de brun. Les rives de la rivière Tone ont une belle couleur terreuse, elles sont débordantes de végétation drue. La rivière est bien sûr en pétard. Ses vagues jaunes roulent et roulent et charrient des branchages, et d’autres mystères que personne n’a le temps de détailler. Notre mono donne de la voix pour couvrir le grognement du courant. Et pour nous apprendre les gestes de base.

Avec six participants et deux monos par canot, il s’agit de réagir vite, et comme un seul homme. Tous assis sur le bord, tous regroupés calfeutrés au centre, pagaie en avant, pagaie en arrière. Pas compliqué. Faut voir. Certains affichent l’aisance des vieux routiers du rafting. Les novices frémissent un peu, mais restent stoïques. On embarque. On s’asperge, histoire de diluer les craintes. Ça marche, tout le monde rigole. La scène baigne dans le beige. Normal, nous avons les yeux rivés sur les eaux furibardes et bouillonnantes. 

Le moniteur nous braille ses instructions d’une belle voix rauque. Il est roux, ça lui va bien et ça se marie avec le ton des vagues. La monitrice ne dit rien. Elle pagaie. Nous aussi.

On s’amuse comme des collégiens because le rafting c’est very funny, il faut bien le dire. Nous rigolons, nous nous mélangeons les pagaies, les couleurs du metteur en scène s’emmêlent gentiment, comme le reste. On n’a plus peur de rien, on ne comprend pas toujours les instructions parce que ça va trop vite, mais assez souvent on se retrouve assis, ou regroupés calfeutrés, ou pagayant dans le bon sens.

Le moniteur nous trouve tout de même un tantinet indisciplinés. Il donne de la voix, il aboie un peu. Peu importe, paix sur la terre et les flots et les rafteurs de bonne volonté. Nous sommes contents, nous redevenons gamins sauf ceux qui le sont déjà.

Une vague plus folle que les autres arrive droit devant. Nous serrons tous ce que nous avons à disposition. Les dents notamment. Et l’équipage ne fait qu’un, et se calfeutre, pour franchir la passe en souplesse. La secousse est musclée, nous rions à gorge déployée, une autre vague foldingue se profile. Un mouvement furtif à l’arrière nous attire l’oeil. Nos deux moniteurs disparaissent, jambes en l’air, rétines stupéfaites, bouches ouvertes, dans une magnifique gerbe d’écume. Et le courant les emporte, mais pas exactement dans notre direction.

Nous restons calmes, nous nous concertons. Le metteur en scène est content. Il tient une scène d’une intensité dramatique rare, et décide de rester dans le beige. De toute façon, il n’a pas le choix. La rivière charrie son limon couleur caramel et voudrait bien nous charrier aussi, et nous entourlouper dans ses langues farceuses. On tient bon.

Pendant ce temps, nos moniteurs tentent de remonter à bord d’un canot. N’importe lequel. Les moniteurs des autres bateaux manoeuvrent finement et nous rendent notre duo de spécialistes. La scène vire au blanc et au roux. Au blanc surtout. Celui du visage de notre moniteur. Il a perdu la face. Nous tentons de le réconforter. Il nous enguirlande. Il refuse nos bras tendus. Nous restons zen.

 

 

 

Retour au bus Woodstock, la scène repasse au vert. Le moniteur pleure dans son coin. À croupetons sur le bord du chemin comme dans un bon vieux Zatoichi, lorsque la paix redescend sur les braves après le carnage, et que les sabres sont nettoyés et rangés dans leurs fourreaux. Nous nous interrogeons sur les différences culturelles. C’est la vie, mais c’est aussi du cinéma, ne l’oublions pas.

La scène vire à ce que vous voulez. Tout le monde est rhabillé. C’est le moment du repas. Des grillades nipponnes odorantes, un petit vin français tout ce qu’il y a de bien. Un court discours d’adieu du président de l’AFJ, Michel Haour. Des échanges joyeux. 

La scène passe au gris. Mais un gris de toute beauté. Avec une pointe de mauve. Il faut bien ça pour le final. L’orage couve au-dessus des champs et durcit les couleurs des sillons et des bosquets. Nous rentrons.

Nous glissons un CD de shamisen électrique dans le lecteur de la voiture. Quelqu’un fait remarquer que le Japon, c’est comme le shamisen électrique. À la fois traditionnel et futuriste. Et c’est pour ça que nous aimons tant ce pays.

La pluie éclate et chacun sait qu’il n’y a qu’au Japon qu’il pleut aussi beau. C’est le moment du générique. Les noms des acteurs défilent, et ceux des cascadeurs.

Je n’arrive pas à discerner le patronyme de l’artiste aux cheveux roux. Mais lui, je ne suis pas prête de l’oublier. Il est Japonais. Il est compliqué. Comme nous. Parce que nos différences ne nous rendent pas aussi différents qu’on veut bien le dire.

Texte : Dominique SYLVAIN  Photos : Daphné HAOUR