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Sunday, 13. August 2017
18:00 - Chambara Sportif
Le chambara sportif ou "Spochan" souvent utilisé dans le langage parlé, est une escrime martiale, ludique et sportive qui se pratique avec des armes en mousse (épée, épée court, la...
Saturday, 19. August 2017
09:00 - Visite de Miyajima
Venez à la rencontre de la nature, de la culture et de l'histoire de Miyajima ! Écotour exceptionnel organisé par la Setonaikai
Friday, 25. August 2017
19:20 - Tarot de Yokohama
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 2,300 yens Dîner et boissons inclus.
Saturday, 26. August 2017
14:30 - Pique-nique de rentrée
Venez nous retrouver à notre pique-nique de rentrée pour un moment de détente, de rencontres et de convivialité.
18:15 - Shinjuku après le coucher de soleil
Laissez-vous guider dans Shinjuku, un des quartiers majeurs de Tokyo pour sa vie nocturne.

l'AFJ, les activités pour les francophones au Japon

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Du 5 au 8 Mai 2011 à ISHINOMAKI, nettoyage par 5 volontaires de l’ambassade des suites du Tsunami du 11 Mars.

Deux mois après ce désastre, cela ressemble toujours à un chaos monstrueux, où je pense seulement 20 ou 30 % des maisons pourront être restaurées. L’eau du tsunami a mis plus d’une semaine à se retirer de beaucoup d’endroits, car tous les systèmes d’évacuation ont été saturés par la boue et les débris. Les routes ont été dégagées ensuite, laissant des montagnes de déchets à perte de vue. Le seul point commun de ces déchets est qu’ils ont tous été créés par l’être humain et sont issus du monde matérialiste. L’électricité a été remise, certains quartiers ou maisons sont maintenant redevenus habitables. C’est l’avantage d’avoir un réseau électrique extérieur. L’eau a également été réinstallée, mais beaucoup plus difficilement, car on n’a pas pu réutiliser certaines pompes noyées par l’eau de mer.

La vague a traversé des digues de 10 mètres de haut comme si de rien n’était, puis a traversé une forêt qui longeait la côte et qui fait plus de 500 mètres de large, en laissant les arbres intacts, avant d’arracher les maisons sur plusieurs kilomètres… C’est dur de croire que je n’exagère pas. En règle générale, les maisons faites en béton ont mieux résisté que la majorité de celles en bois et posées sur des fondations de ciment. Après, c’est vraiment un tirage au sort, qui en a épargné certaines et pas d’autres... et ce n’était pas la proximité ou l’éloignement de la mer qui a changé beaucoup de choses.

Le premier jour nous avons fait des équipes de 8 personnes et nous sommes allés sur un chantier avec un LEADER qui lui aussi est bénévole. Malgré le plan très détaillé avec l’emplacement de toutes les maisons, nous avons mis plus d’une demi-heure avant de trouver notre objectif… C’est vrai que sur le plan, ce n’était pas précisé qu’un 35 tonnes frigorifique avait arraché plusieurs maisons en les compressant comme un sandwich avant de s’arrêter juste avant celle que nous devions nettoyer. Ce n’est qu’une heure après que j’ai remarqué qu’il y avait également deux voitures dans le sandwich.

Nous avons passé pas mal de temps à faire une sorte de chemin pour sortir les débris avec les brouettes et notre premier emplacement de déchargement s’est avéré être chez un voisin, qui lui aussi avait déjà demandé à des volontaires de lui nettoyer son jardin. Nous avons donc repris nos débris pour les mettre encore plus loin. Je pense que c’est un phénomène qui arrive très souvent et qui revient à faire le même travail en plusieurs fois pour les bénévoles… De la même manière, le lendemain, nous avons passé une demi-journée à monter le contenu des camions de couches-culottes et de masques au premier étage d’un hôtel désaffecté, en espérant ne pas avoir à les redescendre le jour d’après. L’après-midi du vendredi était plus intéressante, car nous avons récupéré les dizaines de tatamis de cet hôtel pour les ramener dans une petite ville qui était à une quarantaine de kilomètres au nord de Ishinomaki, dans un des rares bâtiments municipaux encore debout, pour en faire un centre d’accueil.

Sur tous ces voyages, à chaque fois que nous traversions une crique, c’était pour voir partout ce paysage de débris et de chaos. L’eau s’était engouffrée dedans en détruisant tout et la pression était tellement forte qu’elle contournait les obstacles qui résistaient, allant même sur les côtés qui pourtant étaient protégés des vagues directes, et dont je pensais qu’ils avaient été à l’abri. Parfois au large de ces baies, il y a de grandes îles qui auraient dû protéger des tsunamis, mais qui n’ont servi à rien pour la même raison. Les routes étaient fissurées avec énormément d’affaissements et avaient été remises en état temporairement.

Le soir, nous sommes allés prendre une bonne douche dans une tente construite par des bénévoles à côté de l’université de Ishinomaki, où un grand camp avait été installé pour les volontaires et où au moins 300 tentes de volontaires étaient dressées. Pour cette golden-week, beaucoup de gens étaient venus pour aider, rendant l’organisation du travail difficile à gérer, et c’est la journée du samedi qui a été la plus dure pour nous (surtout dans la tête), car nous avons commencé par déblayer des vieilles poutres qui étaient dans un champ depuis des années, puis les débris de ce champ et ceux d’un champ de riz voisin… et ensuite il a fallu nettoyer la paille qui recouvrait le champ et qui pour moi était déjà là bien avant le tsunami.

Un tracteur aurait mis une demi-heure pour le faire mais malgré nos protestations, plus de dix personnes ont passé toute l’après-midi à mettre cette paille dans des petits sacs de jute… (à la japonaise). Heureusement, nous avons été orientés vers un deuxième travail, qui lui aussi n’était ni utile ni urgent, mais juste meilleur pour la tête et qui consistait à détruire une vieille grange, qui avait hélas résisté à la vague, et à transporter le tout sur la route à 500 mètres. Dommage de ne pas pouvoir utiliser le potentiel des bénévoles mieux que cela, surtout quand on sait que la population demande et a besoin d’aide. Ce soir-là, nous avons trouvé un vrai bain public dans une bâche d’eau où il fallait s’inscrire 2 heures à l’avance et ne rester que 15 minutes… mais quel bonheur de pouvoir se détendre réellement.

Dimanche, nous avions décidé de commencer à 7h30 afin de partir tôt dans l’après-midi car les retours de golden-week sont très très chargés sur les routes. Nous sommes allés près de la zone industrielle où le quartier a été un peu épargné par les grandes usines qui longent le port et où des bateaux sont plantés un peu partout au gré de la vague (même de très gros). Nous étions une dizaine à nettoyer trois maisons et leurs jardins. L’eau était montée en haut du rez-de-chaussée et un survivant nous disait qu’il était resté sur un toit dans la neige pendant 3h30 avant d’être secouru par un bateau.

Après avoir jeté les tatamis, il fallait enlever les planches dessous et nettoyer la boue du vide sanitaire et du jardin, car en séchant il se dégage une odeur insupportable (surtout dans ce quartier où des grosses galettes de pétrole visqueuses s’étaient déposées dans le jardin). Un menuisier était déjà là pour remettre des planches, avec l’ambition de pouvoir remettre des tatamis par-dessus. Il restera aussi à régler les problèmes d’infiltration de l’eau dans les murs extérieurs où la laine de verre est encore gorgée d’eau, et où il faudra casser les parois extérieures pour pouvoir y accéder, puis comme partout refaire les évacuations des eaux…

Les gens sont très contents d’être retournés chez eux, même si leur avenir risque d’être difficile. Ils savent qu’ils ont de la chance d’avoir survécu à ce désastre et sont reconnaissants de l’aide que les bénévoles leurs donnent. Merci aux 5 courageux qui ont réussi à maintenir une bonne ambiance malgré la difficulté de la mission et les circonstances.

l'AFJ va organiser une prochaine expédition avec également transport d’électroménager le week-end du 28 -29 mai. donc si vous êtes intéressé pour être bénévole, n’hésitez pas à me contacter (le départ sera en bus le vendredi soir).

Patrick Deblaise

Pour les courageux qui veulent voir la vidéo : http://youtu.be/HwxG5LU__qc