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Sunday, 13. August 2017
18:00 - Chambara Sportif
Le chambara sportif ou "Spochan" souvent utilisé dans le langage parlé, est une escrime martiale, ludique et sportive qui se pratique avec des armes en mousse (épée, épée court, la...
Saturday, 19. August 2017
09:00 - Visite de Miyajima
Venez à la rencontre de la nature, de la culture et de l'histoire de Miyajima ! Écotour exceptionnel organisé par la Setonaikai
Friday, 25. August 2017
19:20 - Tarot de Yokohama
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 2,300 yens Dîner et boissons inclus.
Saturday, 26. August 2017
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Venez nous retrouver à notre pique-nique de rentrée pour un moment de détente, de rencontres et de convivialité.
18:15 - Shinjuku après le coucher de soleil
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l'AFJ, les activités pour les francophones au Japon

Les charmes et les risques d’un mariage franco-japonais

Article extrait du Ouvre ce lien interne dans la fenêtre courantebulletin de l'AFJ du printemps 2009 (page 23)

Beaucoup d’hommes français, séduits par la féminité japonaises, se marrient en France et viennent ensuite s’installer au Japon. D’autres passent la bague au doigt au Japon. Bien que moins nombreuses, des Françaises aussi choisisent de fonder une famille avec un ressortissant japonais. Bien que tous ces français et françaises soient nourris de la culture du Japon, peu sont au courant des différences dans les notions d’amour, de couple et de famille entre nos deux cultures, ni des spécificités de la loi japonaise concernant le mariage et son alter-ego légal, le divorce.

Aussi exaltante que puisse être cette expérience de mariage interculturel, fondé sur un sentiment sincère et émotion amoureuse commune, il faut bien reconnaître qu’il existe un certains nombres de problêmes qui méritent a être mieux connus par la communautée française. Car ce n’est souvent que trop tard que l’on découvre que les conceptions de l’amour et du mariage, ainsi que les lois qui les régissent, sont très éloignées entre nos deux culture…

En France, dans la très grande majorité des cas aujourd’hui, les futurs époux se choisissent librement et par inclination réciproque. Ils choisissent d’unir leurs existences dans le but principal (et peut-être idéal) de se rendre heureux mutuellement. Le couple reste le cœur de la famille et sa bonne entente est garante de l’unité de celle-ci. Pouvoir passer du temps avec son ou sa partenaire, et avec ses enfants, fait partie des priorités de la vie des Français. Les considérations matérielles, bien qu’importantes pour l’avenir familial, ne sont pas mises au premier plan dans le choix de mariage. La vie de famille est, pour leur plus grand nombre, aussi importante que leur vie professionnelle — quand ce n’est pas davantage.

Ne rien voir - Ne rien dire - Ne rien entendre

En cas de séparation et de divorce, la loi française établit un partage de l’autorité parentale et assure un droit de visite régulier au parent qui ne reçoit pas la garde des enfants. La non-présentation d’enfant y est sévèrement punie par la loi et la force publique fait respecter celle-ci. Le divorce entre les parents ne signifie pas le divorce d’un des deux parents avec les enfants.

Il en est tout autrement au Japon. Le nombre de mariages arrangés (omiai) reste encore élevé. Encore peu de femmes mariées travaillent et le choix d’un mari passe par l’examen du montant de son salaire annuel. Selon le magazine économique Aera, 80 % des femmes japonaises posent comme condition que l’homme gagne plus de 6 millions de yens par an (49 000 €) [Cité par le journal LA CROIX du 23/12/2008 :Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtre Au Japon, l’argent s’invite souvent au centre de la vie de couple - voir aussi note 1 ci-dessous]. 70 % des divorces au Japon ont une cause économique, généralement la perte d’emploi du mari. De son coté, le mari attend avant tout d’une bonne épouse qu’elle s’occupe bien des enfants et de la maison.

Le mariage est ainsi conçu plus comme une association pratique, que comme la réunion de deux êtres mués par l’amour. En cas de séparation ou de divorce, il semblera alors anormal que ce type de relation se perpétue et il sera au contraire normal que les époux « retournent » dans leurs familles respectives, les enfants étant à la charge de l’une ou l’autre mais d’une seule de ces deux familles. Les ponts sont alors coupés entre l’un des parents et ses enfants, comme il le sera entre les époux : le divorcé devient, en effet, un étranger (他人 - tanin) pour son ex-conjoint, pour son ex-belle-famille mais aussi pour ses propres enfants.

Notons que 90% des divorces se font au Japon par consentement mutuel à la mairie, et que, concernant les enfants, le formulaire de divorce à remplir par les époux ne permet d’indiquer, sans autre détail, que l’unique parent qui sera désormais détenteur de l’autorité parentale. Restent 10% des divorces : environ 9% vont se résoudre en conciliation judiciaire (調停-chotei), et les 1% restants qui ne pourront se mettre d’accord devront avoir recours à l’arbitrage d’un juge (審判 - shinpan).

L’autorité parentale, unique au Japon, est confiée, ainsi que la garde des enfants, dans plus de 80 % des cas à la mère. Le père ne reçoit en échange que des devoirs, et principalement celui de payer une pension alimentaire (ce dont les pères japonais s’acquittent assez rarement). Le parent qui n’a l’autorité parentale n’a plus aucun droit de regard sur l’éducation des enfants, et ne reçoit que très rarement du tribunal un droit de visite, qui n’existe pas dans la loi japonaise.

Ainsi, il n’est pas rare qu’un des parents (et généralement la mère) choisisse de retourner vivre avec ses propre parents et parfois prenne l’initiative, avant même que la séparation ne soit décidée, d’enlever brutalement les enfants et de se réfugier dans sa famille en refusant qu’ils aient désormais le moindre contact avec leur autre parent, tout en réclamant une pension.

La loi japonaise ne punit pas l’enlèvement parental et le Japon est le seul pays du G8, avec la Russie, à n’avoir toujours pas signé la Convention de La Haye sur les aspects civils des déplacements illicites d’enfant. Le Japon n’applique pas non plus la Convention relative aux droits de l’enfant (CRC), dite « Convention de New York » qu’il a signée le 22 avril 1994 (déjà 15 ans !). Pire, c’est le parent qui sera le plus prompt à enlever les enfants qui prendra l’avantage sur le plan juridique pour l’attribution de la garde et de la pension.

A l’intérieur même du Japon, les juges entérinent les enlèvements « Dans l’archipel, 166 000 enfants, selon des chiffres officiels, sont chaque année privés d’un de leurs parents (de leur père, en général).» écrivait récemment Michel Temman dans Libération. [2]

Toutefois, les parents Japonais comptent bien faire évoluer cette justice et les associations parentales japonaises qui luttent en faveur d’une justice nipponne plus juste et équilibrée pour les deux parents sont maintenant réunies en une « Alliance pour des droits parentaux équitables au Japon (AEPJ) », qui effectue un intense travail de lobbying politique et médiatique. ». L’association SOS Parents Japan [3] , fondée par des Français, travaille déjà en étroite collaboration au sein de l’AEPJ.

Mais quand le divorce implique un parent non japonais, cela entraîne d’autres problèmes internationaux, qui ne sont encore pas correctement gérables. Le sénateur Richard Yun, représentant les Français établis hors de France, note le retard du Japon en la matière: « Des parents français sont aujourd’hui privés du droit de voir leur enfant car le droit japonais reconnaît très rarement le droit de visite et la non-présentation de l’enfant n’est pas sanctionnée dans ce pays. Ces pratiques sont contraires à la convention internationale des droits de l’enfant, que le Japon a signée en 1994. »

En effet, on compte par centaines les cas d’enlèvements d’enfants binationaux (dont plusieurs dizaines d’enfants franco-japonais) par leur parent japonais, enlèvements qui restent toujours impunis. Encore plus nombreux sont les cas où l'épouse japonaise, en accord au début avec son époux étranger, choisit de temporairement retourner se resourcer dans son foyer natal, retour qui peu à peu devient définitif, alors que l'époux étranger se voit dans l'incapacité de trouver un emploi localement pour l'y rejoindre.

Ajoutons que, contrairement à la France, les tribunaux japonais ne reconnaissent pas les jugements de divorce prononcés à l’étranger et n’hésitent pas à réattribuer la garde et l’autorité parentale au parent japonais. Pire, un divorce demandé au Japon unilatéralement par le conjoint japonais est en principe automatiquement entériné après un délai d'un an, avec l’autorité parentale exclusive à son profit, sans que le conjoint étranger puisse s'y opposer.

La question est assez sérieuse pour mériter qu’on prémunisse nos compatriotes : elle concerne l’avenir de tous les enfants francojaponais. On peut se demander s’il est bien raisonnable de valider des mariages internationaux avec des ressortissants d’un pays qui refuse de signer la Convention de La Haye et qui n’applique pas la Convention relative aux droits de l’enfant.

Pour éviter les problêmes, maître Kyohei Niitsu (Clerc d’Avocat spécialisé dans les procédures légales pour les étrangers au Japon dont le mariage) a ces conseils à donner : La procédure de divorce est en général très rapide mais il ne faut pas se précipiter avant de signer le document de divorce (離婚届け - Rikon Todoké), particulièrement si vous avez un enfant. En effet, il est probable, surtout si vous ne lisez pas le Japonais, que vous ne réalisier l'importance de l’unique petite case à cocher en bas du document qui décide de l’autorité parentale. Éventuellement, il ne vous sera pas posé la question, et une fois ce simple document signé, le divorce est approuvé et l’autorité parentale décidée. Vous ne pourrez pas annuler cette décision et risquer de ne plus jamais revoir vos enfants. Avant de signer l’acte de divorce, il est donc recommandé de faire appel à un juriste afin d’ établir un autre contrat à valeur légale dans lequel il sera clairement stipulé, par exemple, les droits de visite pour l’ enfant. Même s'il est difficile dans les fait de faire appliquer un tel contrat, au moins vos droits y seront clairement établis.

Au mois de mars 2009, Madame Rachida Dati, alors ministre de la justice, expliquait la politique de la France vis-à-vis de ce problème japonais : « Les difficultés soumises en ce domaine au ministère de la justice sont systématiquement portées dans les plus brefs délais à la connaissance du ministère des affaires étrangères et européennes, notamment aux fins de mise en place d’une assistance consulaire. De plus, les parents victimes d’un déplacement d’enfant, notamment de France vers le Japon ou inversement, ou ceux éprouvant des difficultés pour exercer un droit de visite, ont la possibilité de solliciter de la direction des affaires civiles et du sceau (bureau de l’entraide civile et commerciale internationale) une aide à la médiation familiale, dans le but de dégager des solutions consensuelles afin de régler le litige» [Voir texte complet Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtreICI]

Mais cela n’est pas suffisant et Thierry Consigny, Conseiller AFE pour l’Asie du Nord et basé au Japon, nous explique : « La communauté internationale invite le Japon à signer la Convention de la Haye, en s’unissant dans une position commune et forte vis-à-vis du gouvernement japonais. Et pour régler les cas présents, le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes a mis en place une médiation franco-japonaise officielle et désigner un magistrat de liaison. »

Souhaitons que la France s’implique davantage dans le sort des enfants francojaponais kidnappés au Japon - qui sont des citoyens français à part entière - afin que ces citoyens-là ne soient plus, demain, les laissés pour compte de la République qu’ils sont encore, hélas, aujourd’hui.

Richard DELRIEU
Correspondant AFJ
Président de SOS Parents Japan

Pour plus d’informations :
www.sos-parents-japan.org
http://japethno.info/jmbutel/spip.php?rubrique25
http://france-japon.net/wiki/index.php?title=Divorce_franco-japonais
www.ambafrance-jp.org/ et faites une recherche sur les mots "Divorce" et "Enfant".

[1] Le journal LA CROIX du 23/12/2008 précise : « 55 % des épouses japonaise exigent que leur époux touche plus de 8 millions de yens. Or, en 2007, seuls 30 % des hommes gagnaient plus de 6 millions de yens par an et seulement 15 % plus de 8 millions. La proportion diminue pour les hommes jeunes et célibataires. »

[2] De nombreux articles de presse sont parus sur ce sujet, tant au Japon
qu’à l’étranger. Voir notamment, en français :Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtre Au Japon, la garde partagée est un combat, par Philippe Mesmer, LE MONDE 28/07/2008  et Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrePères, divorcés et privés de leurs enfants par Michel Temman, Journal LIBERATION, Monde 12/01/2009.

[3] http://sos-parents-japan.org/. SOS Parents Japan a pour but de venir en aide aux parents privés de leurs enfants, en leur fournissant informations, soutien et lieu d’échanges (forums en français, anglais et japonais) et aussi de faire avancer le cadre juridique japonais en vue d’une reconnaissance du droit de visite et du partage de l’autorité parentale après la séparation et le divorce.